Les conséquences du veuvage sur la retraite. Tout comprendre sur la pension de reversion au survivant
La quasi-totalité des régimes de retraite prévoit un mécanisme dit "de réversion". Il permet au conjoint d'un assuré décédé ou disparu de bénéficier, sous certaines conditions, d'une partie de la retraite qu'il percevait ou aurait pu percevoir.
Avant toute chose, en cas de décès d'un conjoint retraité (ou d'un parent isolé), il convient :
Ceci permettra d'interrompre le versement de la retraite du conjoint (ou du parent) décédé et d'éviter ainsi d'éventuelles demandes de remboursements. La retraite correspondant au mois durant lequel est survenu le décès est généralement versée en totalité, quelle que soit la date du décès.
Les rapprochements entre certains régimes vous permettent de faire une seule demande de pension de réversion.
Par exemple, avec une seule demande, vous pouvez obtenir - le cas échéant - votre pension de réversion auprès du régime général des salariés (Cnav), du régime agricole (MSA), du régime des artisans et commerçants (RSI).
Interrogez l'une de vos caisses de retraite pour savoir si vous pouvez bénéficier de cette demande unique.
Peuvent bénéficier, sous conditions, d'une pension de réversion les conjoints survivants :
Attention : les personnes ayant vécu avec leur conjoint en concubinage ou sous le régime du PACS ne peuvent bénéficier d'une pension de réversion, même si le couple a eu des enfants.
Depuis la réforme de 2003, le remariage ne fait plus perdre le droit à la pension de réversion dans les régimes de base (sauf pour les fonctionnaires). En revanche, il fait toujours perdre ce droit dans la plupart des régimes de retraite complémentaire (par exemple Agirc, Arrco, Ircantec).
Sauf dans le régime des fonctionnaires, deux éléments vont être pris en compte pour savoir si vous avez droit à une pension de réversion et à quelle condition :
La plupart des régimes prévoient que le conjoint survivant doit avoir un certain âge pour bénéficier de la pension de réversion.
Cet âge est généralement de 52 ans pour les régimes de base. Cette condition d'âge va être progressivement abaissée à partir du 1er juillet 2007, avant d'être totalement supprimée à compter du 1er janvier 2011.
Dans les régimes complémentaires, l'âge pour bénéficier de la réversion varie (par exemple 55 ans pour l'Arrco, 60 ans pour l'Agirc, 50 ans pour l'Ircantec sauf dispositions particulières...).
La pension de réversion peut être accordée même si le conjoint est décédé avant d'avoir pris sa retraite.
Pour bénéficier d'une pension de réversion, il sera tenu compte :
Vos ressources personnelles ou celles du ménage ne doivent pas dépasser un plafond (différent selon la situation familiale), sauf dans la plupart des régimes complémentaires (Arrco, Agirc, Ircantec, RSI...).
Ces plafonds sont généralement, pour la retraite de base :
Les ressources prises en compte sont généralement celles des mois précédant la date d'effet de la pension de réversion.
Si vos ressources dépassent le plafond, le droit à pension de réversion n'est pas ouvert.
Si vos ressources ne dépassent pas ledit plafond, on y ajoute alors le montant brut de la pension de réversion (cf. ci-dessous) et l'on compare le total au plafond. S'il n'y a toujours pas de dépassement, la pension de réversion est servie intégralement. En cas de dépassement, ce dernier vient en déduction de la pension de réversion, qui est alors servie pour un montant réduit.
Elle représente un pourcentage du montant de la retraite perçue par le conjoint décédé, ou qu'il aurait perçue s'il est décédé avant l'âge de la retraite. Ce pourcentage est généralement de 54% (régimes général et agricole, professions libérales, commerçants, artisans...). Il est de 50% dans le régime des fonctionnaires.
Pour les régimes complémentaires (Arrco, Agirc, Organic, RSI, MSA...), la pension de réversion est généralement de 60% de la pension du retraité décédé ou des droits de l'assuré décédé (s'il est décédé avant de prendre sa retraite). Pour l'Ircantec, le taux de la pension de réversion est de 50%.
Dans certains cas, la pension de réversion peut être majorée de 10% si la personne a eu ou a élevé au moins trois enfants.
Il existe également, dans certains régimes, des mécanismes de majoration forfaitaire si le conjoint survivant a encore des enfants à charge.
D'autres conditions sont également susceptibles d'augmenter le montant de la pension de réversion : invalidité, décès à la suite d'un acte de dévouement ou dans certaines conditions particulières (pour les agents publics), régime spécifique pour les conjoints de commerçants...
Si la personne décédée s'était remariée à une ou plusieurs reprises, la pension de réversion est susceptible d'être partagée entre le conjoint au moment du décès et les ex-conjoints survivants.
Ce partage se fera en fonction de la durée de mariage de chacun des conjoints concernés.
Au décès de l'un de ces ex-conjoints, la pension de réversion est généralement recalculée et augmente la part des autres bénéficiaires.
Source: GIP retraite Date: 09/01/2008
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